Saffie Osborne, une pionnière à Hong Kong
Saffie Osborne monte pour la première fois à Hong Kong à partir du dimanche 8 novembre. La Britannique de 24 ans, titulaire d'une licence temporaire jusqu'au mercredi 23 décembre, arrive au terme de la plus belle saison de sa carrière. Elle y a signé une victoire qui restera dans l'histoire des courses anglaises.

Le 12 septembre à Doncaster, elle est devenue la première femme à remporter l'un des cinq Classiques britanniques, en s'imposant dans le St Leger (Gr1, 2 905 m) avec Highwayman. Ce 3ans à la maturité tardive est entraîné par l'Irlandais Joseph O'Brien. Ce premier succès de Gr1 couronne une progression régulière dans les grandes épreuves. Elle a ensuite remporté le World Pool Jockeys' Championship lors du British Champions Day à Ascot, et elle est sur le point de battre son record de victoires sur une année, qui datait de 2024 : « C'est la première année de ma carrière où j'ai vraiment profité de chaque instant. Je ne suis rentrée en Angleterre qu'en avril, j'ai gagné 20 courses en mai et ça n'a plus arrêté. C'est incroyable. J'ai l'impression d'avoir trouvé le rythme de la saison, et j'ai eu la chance de gagner beaucoup de belles courses dans tous les grands meetings. »
Fille de Jamie Osborne, ancien jockey d'obstacle devenu entraîneur, et de Katie O'Sullivan, peintre spécialisée dans les chevaux, Saffie Osborne a grandi à Lambourn. Elle a gagné sa première course en juillet 2020 à Windsor avec Hot Scoop, quelques jours seulement après ses débuts. Elle compte aujourd'hui plus de 400 victoires, avec 12 % de réussite, et des succès de Groupe en Angleterre et en Italie. Elle s'est aussi fait un nom à l'étranger : en 2024, elle a été la première femme à gagner une course à Meydan, avant de s'imposer au Qatar peu après. Elle a enfin remporté deux fois la Shergar Cup à Ascot, la dernière en capitaine de l'équipe de Grande-Bretagne et d'Irlande, où figuraient Ryan Moore et Dylan Browne McMonagle, victorieuse de l'équipe de Hong Kong.

Depuis la reprise de la saison, elle suit de près les réunions de Sha Tin et de Happy Valley pour se préparer : « J'en ai parlé à beaucoup de monde pour essayer de comprendre au mieux ce qui m'attend. J'ai regardé beaucoup de courses de Hong Kong ces dernières années. Ce sera complètement différent, et je dois parfois me rappeler que la Saffie de 12 ans trouverait ma vie géniale. Je voyage dans le monde entier pour monter des chevaux, on ne peut pas rêver mieux. J'ai toujours rêvé d'aller à Hong Kong et, il y a un an, je ne pensais sans doute pas que l'occasion se présenterait. »
Elle a déjà sollicité plusieurs jockeys pour apprivoiser deux pistes réputées très exigeantes. Rarement aussi en forme, elle reste pourtant lucide : « Je n'ai rencontré personne qui dise du mal des courses à Hong Kong. L'ambiance est incroyable, les courses, les jockeys et les chevaux sont de très haut niveau : c'est là qu'il faut être. Pour Happy Valley, on m'a dit d'imaginer Chester à l'envers, mais dix fois plus serré ! Ces dernières semaines, je me suis entraînée à faire sortir mes chevaux très vite des stalles. C'est enthousiasmant, et ça ne peut que faire progresser un jockey, parce qu'on apprend quelque chose de différent partout où l'on va. J'ai surtout hâte de vivre l'expérience, et j'espère gagner une ou deux courses, parce que je sais que c'est très difficile. »
L'image parle aux connaisseurs : Chester, l'hippodrome le plus serré d'Angleterre, tourne à gauche, quand Happy Valley tourne à droite.